Densité nutritionnelle et biodisponibilité
L'un des principaux arguments en faveur d'un régime à base de viande est la densité nutritionnelle et la biodisponibilité. La densité nutritionnelle fait référence à la quantité de nutriments essentiels qu'un aliment contient par rapport à sa teneur en calories. La viande, en particulier la viande rouge, est exceptionnellement riche en nutriments, fournissant des niveaux élevés de protéines, de fer, de zinc, de vitamines B (en particulier la B12) et d'acides gras essentiels.
Qualité des protéines et profil des acides aminés
Les protéines sont essentielles à l'entretien et à la réparation des tissus corporels, notamment des muscles, de la peau et des organes. La viande est considérée comme une source complète de protéines, car elle contient les neuf acides aminés essentiels dans des proportions qui correspondent aux besoins humains. Les protéines végétales, bien que toujours précieuses, manquent souvent d'un ou plusieurs acides aminés essentiels, ce qui nécessite une combinaison minutieuse de différents aliments végétaux pour obtenir un profil d'acides aminés complet. Par exemple, les céréales et les légumineuses doivent être consommées ensemble pour fournir des protéines complémentaires.
Absorption du fer
Le fer est essentiel au transport de l'oxygène dans le sang et à la fonction musculaire. Le fer présent dans la viande (fer hémique) est plus facilement absorbé par l'organisme que le fer non hémique présent dans les aliments végétaux. Le taux d'absorption du fer hémique est d'environ 15 à 35 %, tandis que l'absorption du fer non hémique varie de 2 à 20 % et est plus sensible aux inhibiteurs présents dans les plantes, tels que les phytates et les polyphénols.
Vitamine B12
La vitamine B12 est essentielle au fonctionnement des nerfs, à la synthèse de l’ADN et à la formation des globules rouges. On la trouve naturellement en quantité significative uniquement dans les produits d’origine animale. Les carences en vitamine B12 peuvent entraîner de graves problèmes neurologiques et hématologiques. Bien que certains produits à base de plantes soient enrichis en vitamine B12, la biodisponibilité de ces sources peut être inégale, ce qui nécessite des suppléments pour les personnes suivant un régime alimentaire strictement à base de plantes.
Développement musculaire
La santé musculaire est fortement influencée par l'alimentation, la viande jouant un rôle crucial dans l'optimisation de ces domaines.
Acides aminés à chaîne ramifiée (BCAA)
La viande, en particulier les viandes rouges et transformées, est riche en acides aminés à chaîne ramifiée (BCAA) comme la leucine, l'isoleucine et la valine. Ces acides aminés sont essentiels à la synthèse des protéines musculaires et à la récupération après l'exercice. La leucine, en particulier, est connue pour déclencher la voie mTOR, qui est un régulateur clé de la croissance musculaire.
Créatine
La créatine, principalement présente dans la viande, en particulier la viande rouge, est un composé qui aide à fournir de l'énergie aux cellules, en particulier aux cellules musculaires. Elle est stockée dans les muscles et utilisée pendant les exercices de haute intensité pour produire de l'ATP, la monnaie énergétique de la cellule. Des études ont montré que la supplémentation en créatine améliore la force, augmente la masse musculaire maigre et aide les muscles à récupérer plus rapidement pendant l'exercice.
Carnitine
La carnitine, un autre nutriment que l’on trouve principalement dans la viande, joue un rôle important dans la production d’énergie en transportant les acides gras à longue chaîne dans les mitochondries pour être oxydés en énergie. Elle aide également à éliminer les déchets métaboliques des cellules. Les avantages de la carnitine comprennent une amélioration des performances physiques et de la récupération.
Perspective évolutive
La biologie évolutive humaine nous donne un aperçu des raisons pour lesquelles un régime alimentaire à base de viande pourrait être plus adapté à notre physiologie.
Régimes ancestraux
Des preuves anthropologiques suggèrent que les premiers humains consommaient une alimentation riche en produits d’origine animale. On pense que l’inclusion de la viande dans l’alimentation a été une force motrice derrière le développement de cerveaux plus gros et de structures neuronales plus complexes. La densité nutritionnelle et l’énergie fournies par la viande ont permis à nos ancêtres de s’épanouir dans divers environnements, de développer des outils sophistiqués et d’établir des sociétés complexes.
Adaptations digestives
La physiologie digestive humaine est bien adaptée à un régime alimentaire mixte qui comprend une proportion importante de produits d’origine animale. Nos estomacs produisent de l’acide chlorhydrique à un niveau comparable à celui des carnivores obligatoires, ce qui facilite la digestion des protéines animales et tue les agents pathogènes présents dans la viande. De plus, l’intestin grêle humain, où se produit la majeure partie de l’absorption des nutriments, est plus long que celui des herbivores, ce qui facilite l’absorption efficace des nutriments provenant de sources animales.
Répondre aux préoccupations courantes
Bien que les avantages d’un régime à base de viande soient évidents, il est également important de répondre aux préoccupations et aux idées fausses courantes sur la consommation de viande.
Cholestérol et maladies cardiaques
Les inquiétudes concernant le cholestérol alimentaire et les graisses saturées dans la viande contribuant aux maladies cardiaques sont importantes. Cependant, des recherches récentes indiquent que la relation entre le cholestérol alimentaire et le cholestérol sanguin n’est pas aussi simple qu’on le pensait. De nombreuses études ont montré que les graisses saturées ont un impact neutre sur le risque de maladie cardiaque. De plus, la viande fournit d’autres nutriments bons pour le cœur, tels que les acides gras oméga-3 (en particulier dans les viandes nourries à l’herbe), qui peuvent aider à équilibrer l’impact global sur la santé cardiaque.
Risque de cancer
Les viandes transformées sont associées à un risque accru de cancer, notamment de cancer colorectal. Cependant, il est essentiel de faire la distinction entre les viandes transformées et non transformées. Les viandes non transformées, en particulier lorsqu'elles sont cuites à basse température, ne présentent pas le même niveau de risque. De plus, le contexte d'une alimentation saine globale comprenant une variété d'aliments et suffisamment de fibres provenant de légumes et de fruits peut atténuer les risques potentiels.
Considérations pratiques et durabilité
Alimentation équilibrée
Un régime alimentaire à base de viande n’exclut pas la consommation d’aliments végétaux. En fait, un régime alimentaire équilibré comprenant des légumes, des fruits, des noix et des graines en plus de la viande offre les avantages des deux groupes alimentaires, garantissant un large éventail de nutriments et de fibres alimentaires essentiels à une santé optimale.
Considérations éthiques et environnementales
Bien que cet article se concentre sur les avantages biologiques et physiologiques d’un régime alimentaire à base de viande, il est important de reconnaître les arguments éthiques et environnementaux. Des pratiques de consommation de viande durables et éthiques, telles que le soutien aux animaux élevés en pâturage et traités avec humanité, peuvent aider à répondre à ces préoccupations.
D’un point de vue biologique et physiologique, un régime alimentaire à base de viande offre de nombreux avantages, notamment une densité nutritionnelle et une biodisponibilité supérieures, un développement musculaire et des performances athlétiques améliorés, et un alignement avec notre histoire évolutive. Bien que les besoins alimentaires et les considérations éthiques de chacun varient, comprendre les fondements scientifiques de la consommation de viande peut aider à faire des choix alimentaires équilibrés et soucieux de la santé. En fin de compte, l’objectif devrait être d’intégrer les meilleurs aspects des aliments à base de viande et d’aliments à base de plantes pour créer un régime alimentaire qui favorise la santé et le bien-être en général.
Laurent-Olivier Galarneau D.O.
Questions fréquentes
Qu’entend-on par « diète » dans le contexte de la digestion ?
Une diète désigne l’organisation volontaire de l’alimentation (types d’aliments, portions, timing des repas) pour soutenir la digestion, l’énergie et le confort intestinal. L’objectif est d’améliorer la tolérance digestive tout en préservant la diversité et l’équilibre nutritionnel.
Le timing des repas influence-t-il la digestion ?
Oui. Des repas pris à heures régulières, espacés suffisamment pour permettre la progression digestive, favorisent une glycémie plus stable et réduisent l’inconfort (ballonnements, lourdeurs). Les collations peuvent être utiles selon le contexte individuel et l’activité quotidienne.
Quelles habitudes simples améliorent la tolérance digestive ?
Mâcher lentement, limiter les aliments ultra-transformés, privilégier fibres et protéines de qualité, bien s’hydrater, bouger chaque jour et protéger le sommeil. L’ostéopathie peut compléter en améliorant la mobilité tissulaire et la régulation neuro-végétative en lien avec le confort digestif.
