L’anxiété cause l’hyperventilation ou vice-versa?
Beaucoup de gens pensent que l’anxiété peut nous amener dans un état d’hyperventilation. Néanmoins, si vous lisez cette dernière phrase et que vous avez déjà eu une crise d’anxiété, ça peut effectivement être vrai.
Mais je vous écris pour vous dire que c’est complètement le contraire – en hyper ventilant, vous devenez anxieux. Ce qui veut dire que vous êtes en contrôle 100% du temps ! Ce concept est important car dans la majorité des crises d’anxiétés, vous perdez le contrôle sur votre respiration.
Le cerveau a besoin d’oxygène (O2) et de glucose pour fonctionner adéquatement. C’est pour cette raison que l’hyper ventilation, combinée à un état d’hypoglycémie, peut être un facteur déclencheur d'une crise d’anxiété. La baisse de glucose dans le sang viendra stimuler la sécrétion d’adrénaline qui, par la suite, augmentera la production de glucose puisée dans les réserves (les muscles et le foie principalement). Avec ce phénomène vient les palpitations, les sueurs et une baisse de l’amplitude respiratoire.
Une fréquence de vos repas/collation, individualisée pour vos besoins, demeure la façon efficace pour supporter les glandes surrénales en diminuant la sécrétion d’adrénaline et en stabilisant votre glycémie. J’approfondis ce sujet avec plus de détails dans mon article sur le jeûne intermittent.
Le sensation de « manquer d’air » (dyspnée) commence quand le niveau de dioxyde de carbone (CO2) est insuffisant dans le sang. Avec ce déséquilibre, ça devient difficile pour nos cellules et notre cerveau d’utiliser l’O2. Les meilleures façons de vous assurer que vous avez un niveau suffisant de CO2 dans votre sang sont les suivantes :
· Respirer avec une bonne posture, des épaules détendues;
· Des respirations nasales car les respirations buccales gaspillent plus le CO2;
· Diminuer votre rythme respiratoire et commencer à prendre conscience au cours de votre journée. Est-ce que je contrôle ma respiration? Quand elle accélère ou ralentie, pourquoi?;
· Prenez des lentes inspirations mais assurez-vous que vos expirations soient 2x plus lentes quand vous relaxez ou méditez;
· Avec le temps, quand ça sera adéquat pour vous, commencer à retenir votre respiration spécifiquement après votre expiration. Ça vous permettra de retenir plus de CO2;
· Vous pouvez utiliser un tempo à votre respiration. Un tempo vous permet de manipuler la vitesse de votre respiration. Par exemple, vous pouvez commencer avec une respiration (2-2-2-2) (inspiration – retenir – expiration – retenir). Pour la plupart, vous pouvez entraîner votre respiration mais elle doit être individualisée. Un bon exercice de départ est la respiration (4-1-8-1).
Essentiellement, c’est comme si vous respiriez dans un sac brun;
· La prévention est la clé. Donc, concentrez-vous sur les points ci-dessus et ajuster votre fréquence de repas et, avec le temps, vous devriez reprendre le contrôle sur votre anxiété.
👉 Pour découvrir un outil simple pour réguler ce mécanisme, lisez :
Un moyen simple et efficace pour abaisser votre niveau de cortisol
La respiration reste l’un des leviers les plus puissants pour stabiliser le stress.
Une respiration excessive produit une élimination de CO2 importante qui, en retour, diminue sa concentration dans le sang. Ça devient un problème car l'usage et le transfert de l’O2 provenant des muscles et des viscères/organes seront limités dans l’organisme. Pensez-y d’un point de vue d’une journée ordinaire. Le CO2 influence la libération de l’O2 dans le sang vers les tissus et les viscères/organes.
Donc, qu’est-ce ça nous dit sur notre respiration? Qu’est-ce qui est plus bénéfique, respirer par le nez ou la bouche?
Quand vous avez une bonne tolérance au CO2, que vous respirez par le nez et que vous évitez de respirer trop rapidement, vous supporterez, à ce moment là, une concentration optimale de CO2 dans le sang.
La capacité à ralentir volontairement votre respiration améliore la variabilité de la fréquence cardiaque et soutient la résilience nerveuse.
👉 Approfondissez le sujet ici :
Le bénéfice des respirations profondes
Quelques minutes quotidiennes peuvent transformer votre état physiologique.
Voici un test pour évaluer votre tolérance / seuil au CO2 :
À l’aide d’un chronomètre sur une montre ou téléphone cellulaire,
· Prenez 3 à 5 respirations par le nez;
· Prenez une inspiration plus importante par le nez et quand vous commencerez à expirer, démarrez votre chronomètre;
· Expirez le plus lentement possible toujours par le nez. Le test a pour but de mesurer le temps de votre expiration….votre tolérance au CO2. Expirez jusqu’au bout, n’arrêtez pas et ne retenez pas votre respiration après l’expiration;
· Enregistrez votre temps en secondes.
Comment interpréter votre résultat? Vous trouverez si vous êtes tolérant(e) au CO2 et si vous vous oxygénez adéquatement.
· Entre 0-10 secondes : vous avez du travail à faire! Habituellement, vous respirez beaucoup trop rapidement;
· Entre 10-20 secondes : vous êtes dans la moyenne;
· 30 secondes et plus : vous avez un bon contrôle et une bonne tolérance au CO2 mais vous pourriez faire mieux;
· Entre 45-60 secondes : A+! Vous pouvez appliquer votre tolérance au CO2 durant un exercice plus intense.
En ralentissant votre respiration, en la contrôlant plus consciemment, vous permettez à votre corps de retrouver un équilibre de votre système nerveux plus facilement. Quand vous retenez votre respiration à la fin d’une expiration, vous devenez meilleur pour retenir le CO2. Ça devient valable car l’O2 devient plus facile à libérer vers nos cellules – donc plus d’énergie!
Laurent-Olivier Galarneau D.O.
Questions fréquentes
Pourquoi l’hyperventilation aggrave-t-elle l’anxiété ?
L’hyperventilation réduit le niveau de CO2 dans le sang, ce qui perturbe la libération de l’oxygène vers les tissus et stimule le système nerveux sympathique, amplifiant ainsi les sensations d’anxiété.
Quel est le rôle du CO2 dans la respiration ?
Le CO2 permet la libération adéquate de l’oxygène à partir de l’hémoglobine. Un niveau trop bas peut réduire l’oxygénation tissulaire et augmenter l’activation du système nerveux.
Comment réguler l’hyperventilation naturellement ?
En ralentissant volontairement la respiration, notamment en allongeant l’expiration, il est possible d’augmenter le tonus vagal et de favoriser le retour à un état parasympathique plus stable.
