Le régime cétogène : effet de mode ou solution durable ?
Voici mon avis….
Vous avez sûrement entendu quelqu’un dans votre entourage vous décrire les bienfaits de la dernière méthode pour perdre du poids rapidement. Depuis le début de l’année, j’ai remarqué que la discussion sur le régime cétogène est sur un bon nombre de lèvres.
Avant de continuer la lecture, vous pouvez vous rafraîchir la mémoire avec un article que j’ai écrit l’an dernier sur le jeûne intermittent.
Continuons…
Qu’est-ce que le régime cétogène? Comment on s’y prend?
Voici la base de son fonctionnement sur votre physiologie.
Essentiellement, la réduction des glucides et l'augmentation des graisses modifient le «carburant» que votre corps utilise. Votre corps commence à brûler des graisses, la seule source de carburant disponible, ce qui vous fait perdre du poids, réduit la glycémie, la résistance à l'insuline, améliore la mémoire et la santé du cerveau. Cela semble bien, non?
La réduction prolongée des glucides peut influencer la conversion de l’hormone thyroïdienne inactive (T4) en T3 active, ce qui impacte directement le métabolisme.
👉 Pour mieux comprendre ce lien hormonal, consultez :
Le lien entre le cœur et les hormones thyroïdiennes
La thyroïde est un chef d’orchestre métabolique. Toute stratégie nutritionnelle doit en tenir compte.
Thyroïde et cétogenèse : un mécanisme d’adaptation à la famine
MAIS, il semblerait que la production réduite d’insuline et la production accrue de corps cétoniques aient un impact sur la capacité du foie à convertir l’hormone thyroïdienne inactive (T4) en hormone thyroïdienne active (T3). On sait que la génération de T3 à partir de T4 diminue pendant le jeûne et la cétogenèse. La famine et les régimes restrictifs en calories ont TOUS des symptômes associés à une fonction thyroïdienne réduite. C'est un mécanisme de survie en réponse à la famine, qui ralentit le métabolisme, conserve l'énergie et prévient le dépérissement.
Selon moi, votre physiologie ne vous ment pas.
Bien que le régime cétogène ne soit pas un régime hypocalorique, il imite l’état physiologique du jeûne, inhibe la conversion des hormones thyroïdiennes et peut entraîner une baisse du métabolisme à long terme.
La production de glucose en contexte de restriction glucidique repose fortement sur l’activation des hormones de stress, notamment le cortisol.
👉 Pour approfondir le rôle du cortisol dans la régulation énergétique, lisez:
Un moyen simple et efficace pour abaisser votre niveau de cortisol
Le métabolisme n’est jamais séparé du système nerveux.
Donc, je vous pose la question suivante :
Pourquoi tant de personnes souffrent-elles d'intolérance aux glucides, sucres?
Tout commence ici…une mauvaise gestion du stress. Le stress affecte non seulement la santé et le fonctionnement du tube digestif, il affaiblit la fonction thyroïdienne et la production des enzymes nécessaires pour décomposer les aliments.
Les glucides ne sont pas le problème
Le problème est l'état du corps où les glucides vont. Au fur et à mesure que vous adaptez votre corps à la consommation d’énergie par rapport aux glucides et aux lipides, l’adaptation des lipides augmente tandis que votre capacité à tolérer les glucides diminue.
Qu'est-ce que cela signifie pour vos systèmes métaboliques?
Les régimes alimentaires riches en matières grasses interfèrent avec la capacité du corps à stocker le glucose sous forme d’énergie, ce qui pèse énormément sur le système surrénal, arrête la conversion des hormones thyroïdiennes et laisse nos cellules en manque d’énergie. Les régimes alimentaires pauvres en glucides prétendent que le corps peut se fier aux sucres qu'il produit via la gluconéogenèse - une voie métabolique qui entraîne la production de glucose à partir de certaines sources non glucidiques.
La gluconéogenèse : un mécanisme de survie, pas une stratégie à long terme
La gluconéogenèse survient UNIQUEMENT pendant les périodes de jeûne, de famine ou de régimes faibles en glucides et est stimulée par plusieurs hormones (glucagon, hormone de croissance, adrénaline et cortisol).
Stress et cortisol : pourquoi le corps réclame du sucre
Le stress, qu’il soit physique ou émotionnel, indique que le corps a besoin de cortisol, d’hormones de stress et d’adrénaline. Le but de cette augmentation des hormones de stress, en particulier du cortisol, est de convertir les acides aminés en glucose (gluconéogenèse). Le glucose supplémentaire aide le corps à disposer de la quantité d’énergie nécessaire pour faire face au stress.
En d’autres termes, le stress est le besoin perçu que l’organisme a besoin de sucre.
À bien y penser, c’est aussi simple que ça.
Laurent-Olivier Galarneau D.O.
Questions fréquentes
Le régime cétogène est-il adapté à tout le monde ?
Non. Bien que certaines personnes puissent observer une amélioration de la glycémie ou une perte de poids, le régime cétogène représente un stress métabolique important pour d’autres, notamment en présence de déséquilibres hormonaux ou thyroïdiens.
Comment le régime cétogène influence-t-il les hormones ?
La restriction importante des glucides modifie la sécrétion d’insuline et peut influencer la production de cortisol et d’hormones thyroïdiennes. Cette adaptation nécessite une capacité métabolique solide pour être bien tolérée.
Peut-on améliorer son métabolisme sans éliminer les glucides ?
Oui. La flexibilité métabolique repose davantage sur la régulation du stress, la qualité des nutriments et la stabilité de la glycémie que sur l’élimination complète des glucides alimentaires.
